Pourquoi dix-huit mois
Un repreneur ne rachète pas seulement une activité : il rachète une capacité à rembourser la dette qui financera son acquisition. Sa banque analysera les deux ou trois derniers exercices. Pour que ces comptes reflètent la vraie rentabilité de l'entreprise, les arbitrages se font avant la clôture, pas pendant la négociation.
Dix-huit mois laissent le temps de clôturer au moins un exercice propre, de réduire la dépendance au dirigeant et de préparer la documentation que tout acquéreur demandera.
Présenter des comptes lisibles
Rémunération du dirigeant très éloignée du marché, charges personnelles passées en frais, stock surévalué, créances douteuses non provisionnées : chacun de ces points brouille la lecture de la rentabilité. Le repreneur les retraitera de toute façon, et plutôt dans le sens qui fait baisser le prix.
Un résultat retraité, expliqué ligne par ligne par votre expert-comptable, renforce votre position. C'est aussi le document qui permettra à la banque du repreneur de calibrer le financement.
Réduire la dépendance au dirigeant
Si les principaux clients ne traitent qu'avec vous, si les savoir-faire clés ne sont écrits nulle part, si vous signez seul toutes les commandes, le repreneur achète un risque. Déléguer progressivement la relation client, documenter les process et faire émerger un bras droit augmentent directement la valeur perçue.
Ce travail prend du temps : c'est la principale raison pour laquelle une cession s'anticipe.
Fixer un prix défendable
La valeur d'une PME se détermine en croisant plusieurs méthodes : un multiple de l'excédent brut d'exploitation retraité, une approche par les flux de trésorerie futurs, et une approche patrimoniale fondée sur l'actif net. Le prix final dépend aussi de la capacité d'un repreneur à financer l'acquisition : un prix que personne ne peut financer n'est pas un prix de marché.
C'est pourquoi il est utile de vérifier, avant de publier un prix, qu'un montage de reprise réaliste le supporte, avec l'apport usuel d'un repreneur et une dette remboursable par les résultats. Nos articles sur l'apport en reprise et le LBO détaillent ce raisonnement côté acheteur.
Informer les salariés
Dans les entreprises de moins de 250 salariés, la loi impose d'informer les salariés de la cession du fonds ou de la majorité des parts, afin qu'ils puissent présenter une offre. En dessous de 50 salariés, cette information doit intervenir au plus tard deux mois avant la cession ; entre 50 et 249 salariés, au plus tard en même temps que la consultation du comité social et économique. L'oublier expose à une amende civile : le calendrier de la vente doit l'intégrer.
Cette obligation n'impose pas de vendre aux salariés, seulement de leur laisser la possibilité de faire une offre. Préparée tôt, elle se gère sereinement ; découverte au dernier moment, elle décale la signature.
Crédit vendeur, garanties et financement du repreneur
Accepter d'être payé en partie plus tard, par un crédit vendeur, facilite souvent l'accord de la banque du repreneur et peut justifier un meilleur prix. Un complément de prix indexé sur les résultats futurs rapproche les positions quand acheteur et vendeur ne s'accordent pas sur les perspectives.
Le repreneur demandera en général une garantie d'actif et de passif, qui le protège contre les dettes antérieures à la cession découvertes après coup. Son périmètre, sa durée et son plafond se négocient ; faites-vous accompagner par un avocat. La fiscalité de la plus-value, qui varie selon votre situation et notamment en cas de départ à la retraite, se prépare avec votre expert-comptable.
Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur à sa date de rédaction. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.