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Reprise de fonds de commerce : quel apport réel ?

Les 20 à 30 % annoncés partout ne sont pas une règle universelle. Trois facteurs font varier l'apport exigé bien au-delà, ou en dessous, de cette fourchette.

Pascal-Olivier VoisinPrésident, Finelix Conseil

D'où vient le chiffre de 20 à 30 %

Cette fourchette correspond à la reprise standard d'un commerce de proximité déjà profitable, par un repreneur qui a une expérience du secteur. Elle rassure la banque sur votre engagement personnel dans le risque et couvre une partie du besoin en fonds de roulement au démarrage. Mais elle n'est ni un plancher légal, ni un plafond.

Ce qui fait monter l'apport exigé

Un repreneur sans expérience dans le secteur, un fonds dont la rentabilité s'est dégradée sur les deux derniers exercices, ou un prix de cession supérieur à trois années d'excédent brut d'exploitation : chacun de ces éléments pousse la banque à demander davantage, parfois jusqu'à 40 %, ou à exiger une garantie personnelle supplémentaire (caution, nantissement).

Ce qui permet de réduire l'apport demandé

Un crédit vendeur, par lequel le cédant finance une partie du prix remboursée sur plusieurs années, réduit mécaniquement le besoin en apport et rassure la banque sur la confiance du vendeur dans la reprise. Une garantie Bpifrance, qui peut couvrir jusqu'à 70 % du prêt, joue le même rôle en réduisant le risque porté par l'établissement prêteur. Combinés, ces deux leviers ramènent parfois l'apport en numéraire sous 15 %.

« Un crédit vendeur bien négocié rassure autant qu'un apport en numéraire, et il coûte moins cher au repreneur. »

Les leviers qui font varier l'apport

Facteurs influençant l'apport exigé lors d'une reprise de fonds de commerce
FacteurEffet sur l'apport exigé
Expérience du repreneur dans le secteurRéduit l'apport si elle est confirmée
Rentabilité du fonds en baisseAugmente l'apport, parfois jusqu'à 40 %
Crédit vendeur négociéRéduit le besoin en apport en numéraire
Garantie Bpifrance mobiliséeRéduit le risque bancaire, donc l'apport

Quand chiffrer l'apport : avant de signer le prix

L'erreur la plus coûteuse consiste à signer un protocole d'accord, puis à chercher le financement. Le prix, la répartition entre fonds et stock, la durée du crédit vendeur et le calendrier de paiement sont des variables de financement autant que de négociation commerciale.

Nous chiffrons l'apport réellement nécessaire avant l'engagement sur le prix : c'est à ce moment que les marges de manœuvre existent encore.

Cet article a une valeur informative et ne constitue ni un conseil fiscal, ni une offre de financement. Les ordres de grandeur cités varient selon le secteur et l'établissement. Un crédit vous engage et doit être remboursé.

Questions fréquentes

Apport et reprise de fonds

Montant, leviers de réduction et rôle du crédit vendeur.

La fourchette usuelle est de 20 à 30 % du prix pour un commerce déjà profitable repris par une personne expérimentée du secteur. Ce n'est ni un plancher légal, ni un plafond : l'apport exigé monte jusqu'à 40 % sur un fonds dont la rentabilité se dégrade, et descend parfois sous 15 % avec un crédit vendeur et une garantie Bpifrance.

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