Les trois formules en bref
Avec un crédit, l'entreprise achète le véhicule, en devient propriétaire immédiatement et rembourse un prêt. Avec la location avec option d'achat, ou LOA, elle loue le véhicule pendant une durée définie et peut l'acheter en fin de contrat pour un prix fixé à l'avance. Avec la location longue durée, ou LLD, elle loue le véhicule, souvent avec l'entretien inclus, et le restitue en fin de contrat.
Le comparatif
En comptabilité française, les loyers de LOA et de LLD sont des charges, et les engagements restants figurent en annexe. Cette présentation allège le bilan, mais les banques retraitent souvent ces engagements dans leur analyse de l'endettement.
TVA et amortissement : utilitaire ou voiture particulière
La distinction fiscale essentielle oppose les véhicules utilitaires aux voitures particulières. Sur un utilitaire, la TVA est en principe récupérable, sur le prix d'achat comme sur les loyers. Sur une voiture particulière, elle ne l'est pas, sauf exceptions liées à certaines activités, comme les auto-écoles ou les taxis.
Pour les voitures particulières, l'amortissement fiscalement déductible est plafonné selon les émissions de CO2 du véhicule, de 9 900 € à 30 000 €. Ce plafond s'applique aussi en location : la part des loyers correspondant à l'amortissement au-delà du plafond est réintégrée au résultat imposable. Les voitures particulières utilisées par l'entreprise sont en outre soumises à des taxes annuelles liées aux émissions. Votre expert-comptable chiffre l'impact exact selon le modèle choisi.
Choisir selon l'usage
Un utilitaire gardé longtemps, qui roule beaucoup et subit une usure importante, se prête bien au crédit ou au crédit-bail : l'entreprise l'amortit sur toute sa durée de vie et le revend librement. Pénalités kilométriques et frais de remise en état rendent la LLD peu adaptée à ce type d'usage intensif.
Une flotte de véhicules de commerciaux, renouvelée tous les trois ou quatre ans, correspond au modèle de la LLD : budget mensuel prévisible, entretien inclus, pas de souci de revente. La LOA se situe entre les deux, pour qui hésite sur la durée de détention.
L'effet sur la trésorerie
Le crédit mobilise souvent un apport et fait apparaître une dette ; la location lisse la dépense en loyers. Pour une entreprise en croissance, qui préfère consacrer sa trésorerie à son exploitation, la location peut être plus confortable, même si son coût total est parfois plus élevé.
Comparez toujours sur la durée totale : somme des loyers, prix de l'option, frais de restitution et d'entretien d'un côté ; mensualités, intérêts, entretien et valeur de revente estimée de l'autre. Notre dossier sur le leasing de matériel professionnel détaille cette méthode.
Ce qui se négocie
En location, le kilométrage annuel, la durée, le montant du premier loyer, les prestations incluses et la grille de frais de restitution se négocient, surtout pour plusieurs véhicules. En crédit, le taux, la durée et l'éventuel apport se discutent avec plusieurs établissements. Dans tous les cas, faites jouer la concurrence avant de signer chez le concessionnaire.
Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur à sa date de rédaction. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.