Crédit-bail et leasing
Pour un équipement, un véhicule ou du matériel, l'organisme spécialisé regarde d'abord la valeur du bien. Un dossier refusé en prêt passe souvent ici.
Cas d'usage · Après un refus
Un refus n'est pas un verdict sur votre entreprise. C'est la décision d'un établissement, à un moment donné, selon des critères qui lui sont propres. Reste à savoir lequel a bloqué, s'il se corrige, et quelles voies restent ouvertes.
On vous a dit non, souvent en une phrase générale : « le dossier ne correspond pas à nos critères ». Cette phrase ne vous apprend rien, et c'est pourtant la seule chose à creuser avant toute autre démarche.
Car les motifs réels se répartissent en deux familles. Ceux qui tiennent à votre dossier et se corrigent, parfois en quelques semaines. Et ceux qui tiennent à la politique interne de l'établissement, à son exposition sur votre secteur ou à son appétit du moment : ceux-là ne se corrigent pas, ils se contournent en allant ailleurs.
Présenter le même dossier, inchangé, à cinq établissements dans la foulée. Chaque refus supplémentaire use le projet et fait perdre un temps qui compte souvent, notamment quand une clause suspensive court.
| Motif réel | Ce qui peut y répondre |
|---|---|
| Apport insuffisant | Prêt d'honneur, entrée d'un associé, crédit vendeur, report du projet de quelques mois. |
| Capacité de remboursement | Allongement de la durée, réduction du montant, financement en deux temps, garantie publique. |
| Capitaux propres faibles | Incorporation du compte courant d'associé, apport en capital, prêt participatif. |
| Passif fiscal ou social | Plan d'apurement formalisé et respecté avant toute nouvelle demande. C'est un préalable, pas une option. |
| Garanties insuffisantes | Nantissement du bien financé, garantie Bpifrance, appui sur un actif immobilier. |
| Politique de l'établissement | Rien à corriger : il faut présenter le dossier à des acteurs dont c'est le métier ou le marché. |
Une banque généraliste n'est pas le seul financeur du marché. Certains acteurs regardent d'abord le bien financé, d'autres la facture, d'autres encore le patrimoine.
Pour un équipement, un véhicule ou du matériel, l'organisme spécialisé regarde d'abord la valeur du bien. Un dossier refusé en prêt passe souvent ici.
Quand un bien immobilier existe, la garantie compense ce que les bilans ne démontrent pas encore. L'engagement se mesure, mais la voie est ouverte.
Si le besoin vient du poste clients, ce sont vos factures qui portent le financement, et la qualité de vos débiteurs qui compte plus que vos propres comptes.
Méthode
Un dossier retravaillé se présente dans de bien meilleures conditions, y compris auprès de l'établissement qui l'a refusé. Ce qui change l'issue, c'est rarement l'insistance, c'est la correction du point bloquant.
Et si la relation bancaire elle-même est en cause, la médiation du crédit de la Banque de France existe précisément pour cela : la saisine est gratuite, confidentielle, et ouverte à toute entreprise.
Demander par écrit les raisons de la décision, et poser des questions fermées : quel ratio, quel niveau d'apport, quelle garantie manquait ?
Situation comptable à jour, plan de trésorerie, régularisation d'un passif, renforcement de l'apport ou ajout d'une garantie.
Parfois le produit était inadapté : un besoin permanent présenté en court terme, ou un équipement présenté en prêt plutôt qu'en crédit-bail.
Présentation à des établissements choisis pour leur appétit sur votre secteur, et saisine du médiateur du crédit lorsque la relation est bloquée.
Instruction
Une entreprise de services demande 180 000 € pour renouveler son parc de véhicules et financer un pic d'activité. Refus : l'endettement global est jugé trop élevé et le besoin de trésorerie est présenté en même temps que l'investissement, ce qui brouille la lecture du dossier.
Les deux besoins séparés, l'issue change : les véhicules sont financés en crédit-bail auprès d'un organisme spécialisé, qui s'adosse à la valeur de revente des biens, et le pic d'activité par une ligne adossée au poste clients. Aucun chiffre de l'entreprise n'a changé ; c'est le découpage de la demande qui a changé. Cet exemple est fourni à titre d'illustration : il ne constitue ni une offre, ni une promesse de résultat.
Questions fréquentes
Une question qui n'est pas ici ? Posez-la directement, la réponse arrive le jour même.
Pour un crédit professionnel, l'établissement est tenu de communiquer à l'entreprise, à sa demande, les raisons de sa décision. Dans la pratique, le motif annoncé est souvent général : il faut poser des questions précises pour identifier le point réellement bloquant, qui se corrige parfois en quelques semaines.
Un apport jugé insuffisant, une capacité d'autofinancement qui ne couvre pas la nouvelle échéance, des capitaux propres trop faibles, un endettement déjà élevé une fois le crédit-bail réintégré, des incidents de paiement récents, un passif fiscal ou social non régularisé, ou un secteur sur lequel l'établissement a atteint ses limites internes. Le dernier motif n'a rien à voir avec votre dossier.
C'est un dispositif public, gratuit et confidentiel, porté par la Banque de France. Toute entreprise qui s'est vu refuser un financement ou réduire une ligne peut saisir le médiateur départemental, en ligne. Celui-ci examine le dossier et réunit l'entreprise et ses partenaires financiers pour chercher une solution. Un part significative des dossiers instruits aboutit à un accord.
Déposer le même dossier ailleurs la semaine suivante est le meilleur moyen d'accumuler les refus. Il faut d'abord corriger ce qui a bloqué : régulariser un passif, produire une situation comptable à jour, revoir le montage, renforcer l'apport ou ajouter une garantie. Un dossier retravaillé se présente dans de bien meilleures conditions, y compris à la banque qui l'a refusé.
Il n'existe pas de fichier des refus de crédit. En revanche, la Banque de France attribue aux entreprises une cotation fondée sur leurs comptes et leurs incidents de paiement, consultable par les établissements. Cette cotation se travaille : vous pouvez en obtenir le détail et faire corriger les éléments inexacts.
Elles sont plus nombreuses qu'on ne le croit : crédit-bail auprès d'un organisme spécialisé, qui regarde d'abord le bien ; financement adossé à une garantie immobilière ; affacturage ou cession Dailly sur le poste clients ; garantie Bpifrance qui partage le risque avec la banque ; soutiens régionaux et prêts d'honneur ; et la médiation du crédit lorsque la relation bancaire est en cause.
Envoyez-nous le dossier tel qu'il a été présenté : nous identifions ce qui a bloqué et nous vous disons par écrit ce qui reste finançable, et comment.