Cas d'usage · Après un refus

Votre banque a refusé votre financement professionnel

Un refus n'est pas un verdict sur votre entreprise. C'est la décision d'un établissement, à un moment donné, selon des critères qui lui sont propres. Reste à savoir lequel a bloqué, s'il se corrige, et quelles voies restent ouvertes.

En bref

Fichier des refus
Il n'en existe pas
Médiation du crédit
Gratuite et confidentielle
À faire d'abord
Identifier le motif réel
Avis de faisabilité
48 h

Votre situation

On vous a dit non, souvent en une phrase générale : « le dossier ne correspond pas à nos critères ». Cette phrase ne vous apprend rien, et c'est pourtant la seule chose à creuser avant toute autre démarche.

Car les motifs réels se répartissent en deux familles. Ceux qui tiennent à votre dossier et se corrigent, parfois en quelques semaines. Et ceux qui tiennent à la politique interne de l'établissement, à son exposition sur votre secteur ou à son appétit du moment : ceux-là ne se corrigent pas, ils se contournent en allant ailleurs.

Le réflexe à éviter

Présenter le même dossier, inchangé, à cinq établissements dans la foulée. Chaque refus supplémentaire use le projet et fait perdre un temps qui compte souvent, notamment quand une clause suspensive court.

Motifs de refus fréquents et réponses possibles
Motif réelCe qui peut y répondre
Apport insuffisantPrêt d'honneur, entrée d'un associé, crédit vendeur, report du projet de quelques mois.
Capacité de remboursementAllongement de la durée, réduction du montant, financement en deux temps, garantie publique.
Capitaux propres faiblesIncorporation du compte courant d'associé, apport en capital, prêt participatif.
Passif fiscal ou socialPlan d'apurement formalisé et respecté avant toute nouvelle demande. C'est un préalable, pas une option.
Garanties insuffisantesNantissement du bien financé, garantie Bpifrance, appui sur un actif immobilier.
Politique de l'établissementRien à corriger : il faut présenter le dossier à des acteurs dont c'est le métier ou le marché.

Les solutions envisageables

Une banque généraliste n'est pas le seul financeur du marché. Certains acteurs regardent d'abord le bien financé, d'autres la facture, d'autres encore le patrimoine.

Crédit-bail et leasing

Pour un équipement, un véhicule ou du matériel, l'organisme spécialisé regarde d'abord la valeur du bien. Un dossier refusé en prêt passe souvent ici.

Affacturage et Dailly

Si le besoin vient du poste clients, ce sont vos factures qui portent le financement, et la qualité de vos débiteurs qui compte plus que vos propres comptes.

Méthode

Comment reprendre le dossier

Un dossier retravaillé se présente dans de bien meilleures conditions, y compris auprès de l'établissement qui l'a refusé. Ce qui change l'issue, c'est rarement l'insistance, c'est la correction du point bloquant.

Et si la relation bancaire elle-même est en cause, la médiation du crédit de la Banque de France existe précisément pour cela : la saisine est gratuite, confidentielle, et ouverte à toute entreprise.

  1. 01
    Obtenir le motif précis

    Demander par écrit les raisons de la décision, et poser des questions fermées : quel ratio, quel niveau d'apport, quelle garantie manquait ?

  2. 02
    Corriger ce qui se corrige

    Situation comptable à jour, plan de trésorerie, régularisation d'un passif, renforcement de l'apport ou ajout d'une garantie.

  3. 03
    Repositionner la demande

    Parfois le produit était inadapté : un besoin permanent présenté en court terme, ou un équipement présenté en prêt plutôt qu'en crédit-bail.

  4. 04
    Représenter, ou médier

    Présentation à des établissements choisis pour leur appétit sur votre secteur, et saisine du médiateur du crédit lorsque la relation est bloquée.

Instruction

Les éléments réexaminés

  • La capacité d'autofinancement rapportée à la nouvelle échéance
  • Le niveau des capitaux propres et le poids du compte courant d'associé
  • L'endettement total, engagements de crédit-bail réintégrés
  • Le fonctionnement du compte : rejets, dépassements, incidents déclarés
  • L'état des dettes fiscales et sociales, et le respect d'un éventuel plan
  • La cotation Banque de France, que vous pouvez consulter et faire rectifier

Les documents généralement nécessaires

  • Les deux derniers bilans et liasses fiscales
  • Une situation comptable de moins de trois mois
  • Un plan de trésorerie à treize semaines
  • L'état détaillé des encours bancaires et des engagements hors bilan
  • Le courrier de refus et, si vous l'avez obtenu, le motif écrit
  • Les attestations de régularité fiscale et sociale, ou le plan d'apurement
  • Le devis, le compromis ou le document décrivant le projet financé

Un exemple pédagogique

Une entreprise de services demande 180 000 € pour renouveler son parc de véhicules et financer un pic d'activité. Refus : l'endettement global est jugé trop élevé et le besoin de trésorerie est présenté en même temps que l'investissement, ce qui brouille la lecture du dossier.

Les deux besoins séparés, l'issue change : les véhicules sont financés en crédit-bail auprès d'un organisme spécialisé, qui s'adosse à la valeur de revente des biens, et le pic d'activité par une ligne adossée au poste clients. Aucun chiffre de l'entreprise n'a changé ; c'est le découpage de la demande qui a changé. Cet exemple est fourni à titre d'illustration : il ne constitue ni une offre, ni une promesse de résultat.

Questions fréquentes

Après un refus : vos questions

Une question qui n'est pas ici ? Posez-la directement, la réponse arrive le jour même.

Pour un crédit professionnel, l'établissement est tenu de communiquer à l'entreprise, à sa demande, les raisons de sa décision. Dans la pratique, le motif annoncé est souvent général : il faut poser des questions précises pour identifier le point réellement bloquant, qui se corrige parfois en quelques semaines.

Un deuxième regard, sous 48 heures

Envoyez-nous le dossier tel qu'il a été présenté : nous identifions ce qui a bloqué et nous vous disons par écrit ce qui reste finançable, et comment.