Le principe en trois temps
L'entreprise vend son bien immobilier à un crédit-bailleur, en général une filiale spécialisée d'une banque. Dans le même temps, elle signe avec lui un contrat de crédit-bail immobilier qui lui permet de continuer à occuper les locaux, contre le paiement de loyers. À la fin du contrat, elle dispose d'une option d'achat pour récupérer la propriété, souvent pour une valeur résiduelle faible.
Le prix de vente encaissé finance ce que l'entreprise souhaite : un investissement, une acquisition, un besoin en fonds de roulement, ou le remboursement de dettes plus coûteuses.
Pour quelles entreprises
Le lease-back s'adresse aux entreprises propriétaires de leurs locaux, directement ou via une société liée, dont l'activité est rentable et durable. Le crédit-bailleur regarde à la fois la qualité du bien, sa localisation et sa capacité à être reloué ou revendu, et la solidité de l'entreprise qui paiera les loyers.
Les biens les plus faciles à financer sont les bureaux, les locaux d'activité et les entrepôts bien situés. Un bâtiment très spécifique, conçu pour un seul usage, se finance plus difficilement, car le crédit-bailleur aurait du mal à le valoriser en cas de défaillance.
Un exemple chiffré
Une PME industrielle possède un bâtiment d'activité, sans dette résiduelle, estimé à 900 000 € par un expert. Elle a besoin de financer une nouvelle ligne de production et de renforcer sa trésorerie. Le crédit-bailleur accepte de racheter le bien sur la base de son estimation, puis de le lui louer dans le cadre d'un crédit-bail immobilier de douze ans.
L'entreprise encaisse le prix, finance son investissement, et paie des loyers qui remboursent progressivement le crédit-bailleur. À l'issue du contrat, elle lève l'option et redevient propriétaire. Le montant finançable, la durée et le niveau des loyers dépendent de l'expertise du bien et de l'analyse de l'entreprise : cet exemple illustre la mécanique, pas des conditions de marché.
Lease-back ou prêt hypothécaire ?
Les deux solutions mobilisent la valeur des murs. Le financement hypothécaire professionnel laisse l'entreprise propriétaire et inscrit une garantie sur le bien ; le lease-back transfère temporairement la propriété au crédit-bailleur. Le premier est plus simple et moins coûteux en frais d'acte ; le second permet parfois de mobiliser une part plus importante de la valeur, et le crédit-bailleur, propriétaire, porte une garantie plus forte.
Le choix dépend du montant recherché, de la situation fiscale et de la stratégie patrimoniale du dirigeant. Si les murs sont détenus par une SCI, l'analyse se fait au niveau de cette société.
Les aspects comptables et fiscaux
La vente du bien fait en principe apparaître une plus-value, imposable dans les conditions de droit commun. Des régimes d'étalement de cette plus-value ont existé pour les opérations de cession-bail, sous conditions et pour des périodes limitées : leur applicabilité à votre opération doit être vérifiée au moment du projet.
Les loyers de crédit-bail sont en principe déductibles du résultat, avec des règles particulières liées notamment à la part du terrain. Ces points se chiffrent en amont avec votre expert-comptable, car ils influencent directement l'intérêt de l'opération.
Les points de vigilance
Les frais d'acte et d'expertise ne sont pas négligeables et doivent être intégrés au calcul. Les loyers pèsent sur le compte de résultat pendant toute la durée du contrat : il faut vérifier que l'exploitation les supporte, y compris dans un scénario moins favorable. Enfin, lisez attentivement les conditions de sortie anticipée et de levée d'option.
Le lease-back existe aussi pour le matériel : l'entreprise cède un équipement récent à un loueur et le reprend en location. Notre article sur le crédit-bail présente les différences avec un prêt classique.
Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur à sa date de rédaction. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.